[EXCLU] Interview d’Odezenne « On comprend rien à nos paroles faut qu’on écrive mieux bordel! »

Odezenne a sorti un nouvel album « Au Baccara » en Octobre 2018 et s’en suit une tournée dans toute la France, avec une date unique à Marseille Samedi 17 Novembre au Cabaret Aléatoire. Etant très fans de leur travail et de ce nouvel ouvrage, nous avons discuté avec un des membres du groupe, Alix, pour une interview exclusive.

Introductions

On est ravis de vous recevoir au Cabaret Aléatoire, à Marseille, le 17 novembre pour il me semble la deuxième fois ? On a retrouvé une affiche au fin fond de nos archives cet été en préparant la date.

Alix : ça fait longtemps qu’on connaît votre salle oui.

Ce très chaud dernier album aux beats électroniques clairement assumés vogue et oscille du trip mélancolique en passant par le lendemain de soirée ambiant ou encore le son du peaktime (bébé) pour être sûr de poser en soirée. Entre trap psyché et rap de cracker (cloud rap) sur en L, pouah, c’est un véritable voyage dans la nouvelle histoire du hiphop, qui s’écrit on en est certain maintenant avec vous.

Alix : Euh.. merci

Il nous reste tout de même quelques questions que voici :

1> Références qui vous ont nourris ces dernières années

Depuis votre dernier album Dolziger str.2 sorti en 2015, où l’on trouvait aussi des perles (mention spéciale pour le titre :  Vilaine), qui sonnait à mon sens plus electronica que techno, avec des textes plus slamés voire chantés que rappés en low flow, vous avez écoutés quoi ces dernières années tous ?

Alix : Quand on a fini notre tournée en 2017, on avait l’impression qu’on n’avait plus rien écouté depuis 2 ans, alors on s’est pointé au studio pendant 3 mois et tous les jours on écoutait 3-5h de sons… J’avais une grosse boulimie de musique, j’ai toujours été un dingue de musique, j’ai plein de vinyles et des disques durs gavés de titres.

Du coup je sais plus bien te dire mais je me souviens d’avoir découvert par hasard le groupe The Zombies, qui n’est pas tout jeune et le superbe album « Odessey and Oracle », mais aussi King Lizard and the Lizard Wizard, ou Yung Hurn et son EP Love Hotel qui est trop bien. Mais on écoutait tellement de trucs, de la trap aussi, des truc gros genre 21 Savage, Migos ou l’énorme Swang de Rae Sremmurd qui est juste parfait. Il y a aussi eu le Morceau « plein été  » de Michel Houellebecq qu’on a trop kiffé et pleins d’autres trucs en fait. On a jeté beaucoup de choses aussi.

2>L’album encensé

Clairement, on vous lit, on vous voit et on vous souhaite une belle tournée. On a remarqué l’engouement dès la mise en vente à votre fanbase ! ça donne quoi aujourd’hui de repartir sur la route avec une partie du public déjà conquis ? Ou d’autres qui cherche encore la teinte du 1er album sur ce dernier album ?

Alix : Je crois que y en a plus beaucoup qui cherchent la teinte du 1er album, c’était en 2008, ça date quand même. Mais s’il en reste ils peuvent encore l’écouter on va pas le retirer des circuits, pas d’inquiétudes ! Mais aucune envie de faire ce son aujourd’hui perso, je l’écoute parfois comme un un beau souvenir.

Sinon je crois que le public n’est jamais conquis d’avance par contre, même si c’est vrai qu’il est plus nombreux à chaque tournée. Si tu prends une ville comme Nantes par exemple où on commence la tournée demain. Le premier concert en 2008 on devait être 60, puis 2 ans après 150, puis 300 puis 600 en 2016 et demain c’est la grande salle du Stereolux qui est complète, y a 1200 mecs qui nous attendent pour fêter cet album c’est vraiment cool. Mais faut pas décevoir non plus. A Marseille c’est pareil on va être deux fois plus nombreux au moins que la dernière fois qu’on est venu, c’est cool.

3>Nucléaire 

Dans l’équipe on ne tombe absolument pas d’accord sur ce que raconte le titre Nucléaire ! Je vous lance les hypothèses à cocher

  • C’est une fin d’histoire d’amour

  • C’est l’histoire de quelqu’un qui est décédé ?

  • Dans tous les cas c’est triste ?

Alix :  Aucun des trois ! Putain merde on comprend rien à nos paroles faut qu’on écrive mieux bordel!

4> Bébé 

On sent du sérieux vécu sur ce titre, qui raconte une histoire plutôt triste celle de ne pas savoir s’arrêter d’abuser de l’alcool en soirée.  Vous nous racontez ce qui a motivé l’écriture de ce morceau ?

Alix :  On prête souvent une tristesse à nos titres qui n’est pas toujours justifiée. En l’occurrence ce titre est plutôt drôle j’trouve. Jacques a écrit ce texte un lendemain de soirée. Sa copine faisait une première représentation, elle a un collectif chelou qui s’appelle « la chambre bleue », c’est très cool d’ailleurs ce qu’elle expérimente autour de la poésie et de la performance. Bref on s’est pointé pour voir normal et il a niqué le cubi. Et Jacques quand il est en mode sheitan c’est pas bon, faut pas se mettre en travers faut le laisser aller au bout sinon c’est pire. Finalement il a bien fait t’as vu ça a donné une belle chanson ! Même sa gow est ravie je crois au final.

5> Usurpation d’identité

Info ou intox votre nom : Odezenne, viendrait du nom de votre principale de collège ? Est-ce qu’elle reçoit l’album en exclu, est-ce qu’elle est invité en backstage et a-t-elle l’intégralité du merch en vitrine chez elle ?

Alix : Ouais elle est VIP à vie. En 2016 en fin de tournée, on lui a envoyé un chauffeur chez elle pour qu’elle vienne inaugurer le Maryonne Festival à Bordeaux (c’est son prénom), elle a accepté et quand elle est arrivée on lui a tendu un petit cousin avec un gros ciseau dessus. Elle devait couper le ruban rouge qu’on avait tendu sur la scène et annoncer le line up. C’était plus chou quand elle a dit « Caballero et Jeanjass, Ichon, JC Satan, Djedjotronic et Odezenne » ! Tout notre public criait « Maryvonne Maryvonne » ! On aurait dit une élection présidentielle.

6> Bonus malaise 

Et sinon à part ça vous êtes heureux dans la vie ?

Alix : De ouf, on se sent bénis avec ce disque, il est arrivé avec tellement de simplicité, c’était fluide, chez nous, puis on a réalisé notre rêve de mixer dans un studio mythique à Londres et tourner tout ça sur bande à l’ancienne, chez les Kinks, c’est des souvenirs de dingues ! On n’a jamais été playlisté dans une radio nationale et notre tournée est déjà quasi complète partout, c’est trop bien, comment tu veux qu’on soit pas heureux ? Ça n’a pas toujours été le cas, on a eu deux taffs pendant longtemps, on a partagé nos salaires et RSA pendant longtemps, on charbonne comme des dingues en vrai mais là pendant 1 mois on va essayer de savourer.

Merci Odezenne pour ces belles réponses, hâte de voyager dans le Baccara au Cabaret 😉

Crédit photo : Edouard Nardon & Clement Pascal

Recondite « Produire de la musique n’est pas une manière de communiquer avec les gens, mais plutôt avec moi même »

S’il fallait citer le producteur le plus fédérateur de la deep techno c’est bien Recondite. A la fois sur des terrains ambient avec son dernier album Dammerlicht sur son label Plangent Records et sur des terrains deep techno avec son EP Rainmaker sur Afterlife. Il se produira en live pour 1h30, durée rallongée exceptionnellement le 13 juillet pour le GREENFEST festival

Quelle est la clé pour produire un morceau qui a toujours la même saveur 10 ans plus tard ?

Je ne sais pas vraiment, à la fin je pense que c’est à ceux qui écoutent de décider si le morceau reste pertinent ou non. Le point de vue des producteurs est souvent très différent. Je pense que notre genre ce n’est pas commun de construire un hit international qui dure longtemps.

Ton approche de la musique électronique pour ton label Plangent Records semble être plus en plus ambient, loin des hit de clubs. Est ce que pour toi l’écoute à la maison est une meilleure thérapie que le clubbing ?

A vrai dire Plangent n’a jamais vraiment été clubby, quand tu écoutes PLAN0001-004 tu peux trouver des morceaux qui pourraient être joués en club mais en même temps ce n’était pas leur destiné. Toutes les premières tracks sur Plangent sont très deep, moelleuses et plutôt chill.

Tu te décris comme quelqu’un d’introverti, mais donne des émotions très personnelles dans ta musique. Est ce que au fil du temps produire de la musique t’a aidé à t’ouvrir aux autres ?

Non, pas vraiment. Produire de la musique n’est pas une manière de communiquer avec les gens, mais plutôt avec moi même.

Quelles sont tes derniers coups de coeur/gueules musicaux ?

Hmm je travaille sur un nouvel EP et LP pour l’année prochaine, qui sont presque déjà finalisés. J’étais plutôt concentré sur ça récemment et j’écoute aussi pas mal de hip-hop international.

Peux tu nous donner 7 morceaux qui ont fait tes journées dernièrement ?

Robag Wruhme – Veddel Baaf
Yotam Avni – If you Still Want Me
Redshape – Pursuit
Mall Grab – Liverpool Street In The Rain
Barker & Baumecker – Cipher
Alex. Do – Rain
Roland Appel – Penny Loafer

English version

What is the key to produce a track that sill have the same flavor 10 years later? (like Cleric…)

I honestly dont know really – in the end i think it s up to the listeners to decide if a track remains of relevance or not. the producers viewpoint is very different a lot of times. i think in our genre it s not very common to build an intentional hit which lasts long.

 

Your approach of electronic music for your label Plangent Records seems to be more and more ambient, extracted from club hit. Is home listening a better therapy than clubbing?

well – actually Plangent was never really clubby. when you listen to PLAN0001-004 you ll find some tracks that “could” be played in a club but at the same time are definitly not intended as club material. all the first tracks on Plangent have been really deep, mellow and pretty laid back.

You describe yourself as someone introverted … but as well you give very personal emotions to your music. From time to time, did producing music helped you opening yourself to others?

No not really – making music is not a way to communicate with other people it s more a way to communicate with myself.

What is your recent musical crush and outrage?

hmm.. i m working on an EP and an LP for next year. both pretty much finished. i ve been focusing on that lately and I have been listening to some recent and old school hip hop from overseas.

Can you give us 7 tracks (lucky number!) that made your day recently for our community?

(see playlist below)
Dernières places disponibles pour le live d’1h30 samedi 27 Octobre dès 23h sur notre billetterie

Surgeon « Le plus grand paradoxe c’est combien la scène techno est conservatrice alors qu’elle se présente comme une forme expérimentale de la musique. »

Nous avons discuté avec le pionnier de la musique électronique au UK Surgeon en amont de sa venue pour la première fois à Marseille vendredi 21 Septembre à la TWO, soirée d’opening de rentrée du Cabaret Aléatoire en collaboration avec Paradox. L’interview complète est à retrouver en anglais sur le site de Paradox.

 Quels artistes ou labels ont attiré ton attention en 2018 ? 

Je découvre toujours beaucoup de musique que je n’ai pas entendu auparavant, ou que je n’ai pas connecté quand je l’ai écouté la première fois. Sarah Davachi, Stephen Lopkin, Darkthrone, John Abercrombie, Joe Byrd and the Field Hippies, Organic Dial…

Te voir jouer avec Lady Starlight à l’ouverture du concert de Lady Gaga est quelque chose de remarquable pour la carrière d’un artiste techno. Tu as discuté de cette expérience comme une volonté de « casser les frontières artistiques ». Est ce que cela induit un engagement politique de ta part ?

Oui, on peut voir cela comme un engagement politique. Je crois fortement qu’on ne devrait pas suivre les règles ou les structures dirigeantes aveuglément, dans aucun cas. Bien souvent c’est une action invisible, on les suit sans même s’en rendre compte.

Ce n’est pas une question de casser les codes juste pour le plaisir, mais de les considérer et d’établir une décision consciencieuse.

Un des plus beaux accomplissements de ta carrière est le duo avec Regis, British Murder Boys. Peux tu nous dire comment as-tu rencontré Karl O’Connor ?

Mick Harris m’a introduit à Karl en 1994 comme quelqu’un d’intéressé pour produire ma musique. Même s’il était allé dans beaucoup de clubs de Birmingham où j’ai mixé dans les années 90, nous ne nous étions pas rencontré avant que Mick nous introduise.

Le live enregistré à Tokyo en 2013 était supposé être la dernière performance avec Regis. Qu’est ce qui vous a motivé à rejouer ensemble en live ? 

Nous avons senti que le travail était incomplet, nous avons tous les deux un bon sentiment sur le fait de rejouer ensemble. Jouer en live, plutôt qu’un duo de DJ, comme nous l’avions fait à l’origine du projet.

Ton dernier album Luminosity Device s’inspire du livre tibétain des morts. Est-ce que cet album a pour objectif d’être utilisé pour une expérience chamanique ou est-ce qu’il est lui même une expérience chamanique ?

C’est plus une représentation d’une expérience psychédélique. La plupart des titres des morceaux sont inspirés du livre L’expérience Psychédélique de Timothy Leary, lui-même basé sur le Livre tibétain des morts.

 Est-ce que tu penses souvent à la vie après la mort ?

Je pense que nos atomes retournent à la Terre.

Récemment tu as fait équipe avec Daniel Beans pour The Transcendence Orchestra. L’approche ici serait d’utiliser la musique comme média pour des rituels. Est ce que tu penses que le club est un espace pour établir une connexion spirituelle entre les personnes? 

Cela peut. Beaucoup, beaucoup de phénomènes arrivent dans le même espace-temps. Par exemple, sur la même nuit dans un club une personne peut être ivre, se battre, et vomir. Un autre peut tomber amoureux, et encore un autre peut avoir une expérience transcendante qui changerait le cours de leur vie.

Est-ce que tu as personnellement eu des expériences religieuses ou chamaniques ? Si oui, qu’est ce que tu as le plus aimé ? 

Oui, j’en ai eu quelques-unes.  C’est une expérience très importante qu’on peut décrire comme terrifiante. Ce n’est pas vraiment quelque chose que où je pourrai utiliser le mot « aimer » pour le décrire.

Tu as grandi dans une petite ville près de Birmingham, et on dirait que Brum est là où tu as eu ta première expérience musicale. Pourquoi penses-tu que Birmingham a un riche background musical ?

J’ai grandi dans un petit village en dehors de Northampton et j’étais obsédé par la musique depuis très jeune. Je ne suis pas sûr exactement pourquoi Birmingham a un riche héritage musical. Ce qui est sur c’est qu’il y a un sens de l’humour auto-dérisoire très noir avec une éthique forte de DIY.

Quand on veut en savoir plus sur la techno de Birmingham, ce qui vient par la suite est le concept de soirée The House of God, là où tu as été résident pendant des années. Qu’est ce qui les rende si spéciales ?

Je suis toujours un résident de The House of God après 25 ans.

Depuis le début, ces soirées sont un refuge pour tous les hippies, les bizarres et les proscrits. Il y a une énergie unique et une atmosphère que je n’ai jamais retrouvé ailleurs. 

J’imagine que toutes les interviews parlent de ton inspiration artistique absolue. On ne fera pas d’exception, car le groupe doit être mis en lumière pour nos lecteurs. Quel est le premier morceau de Coil que tu recommanderais et pourquoi ?

C’est impossible pour moi de prendre juste une track, même un album. Leur spectre musical est trop large. Tu pourrais commencer par les albums suivants :

Horse Rotorvator

Love’s Secret Domain

Worship he Glitch

Black Light District

Time Machines

Music To Play In The Dark Vol.1

Comme tu as pu le constater, les hommes sont plein de paradoxes ! Qu’est ce que tu pourrais décrire comme paradoxal dans la musique électronique ?

Pour moi le plus grand paradoxe c’est combien la scène techno est conservatrice alors qu’elle se présente comme une forme expérimentale de la musique.

Retrouver Surgeon pour la première fois à Marseille Vendredi 21 Septembre avec DVS1 !

Interview | Les clés de compréhension de l’univers onirique et Sci-Fi de Tadeo

Nous recevons le producteur espagnol Tadeo samedi 28 juillet pour le festival Jack in the box 2018, l’occasion pour nous de lui transmettre notre interview taillée spécialement pour le festival. On découvre un personnage très organisé, créatif et fan de phénomènes extra terrestres.

Hola Tadeo ! Estamos muy feliz de recibirte en nuestro festival !

Merci ! Je suis très impatient de venir jouer chez vous !

Boombox / On a écouté ton mix pour Rinse FR, c’est super chouette d’entendre des morceaux typique. Est ce qu’ils t’ont demandé spécifiquement de jouer cela ou c’était de ta propre volonté ?

Non, ils n’ont pas demandé quelque chose spécifiquement, c’était moi qui ai décidé de changer l’approche typique du podcast que je fais pour le média. Je voulais vraiment faire quelque chose comme cela. Pour ce showcase à la radio, les mecs de l’agence étaient partis pour montrer leur intérêt sur différents sets, puis j’ai décidé de faire quelque chose de différent. Typiquement, j’ai choisi un ensemble de morceaux que j’écoute habituellement et j’offre à l’audience quelque chose auquel ils ne s’attendaient pas.

On se disait que les peuples d’Espagne et du Portugal gardent en mémoire et sont toujours fiers de leurs musiques traditionnelles, est ce que tu sais pourquoi ?

Je pense que la question peut être vue de deux manières. Si ce sont des productions anciennes généralistes, tu à tendance à les garder en tête, il existe beaucoup de musique qui veulent dire quelque chose pour toi ou qui sont simplement éternelles. Cette musique ne fait jamais mal. Si ce sont des productions à toi ou rattachées à toi, on entre dans le sujet que le passé est toujours meilleur ou quelque chose comme cela.

Dans mon point de vue, je regarde toujours le futur et j’attends plus des choses qui sont à venir que les choses qui sont déjà passées. Le futur est toujours plus intéressant au moment où tu le modèles à ta façon, alors qu’avec le passé… il n’y a rien à faire.

Outbox/ Quels sont les prochaines sorties sur ton label ?

J’ai 2 nouvelles releases prêtes à sortir sur mon label. Je suis à la recherche de personnes qui livrent un message en adéquation avec le label, qui sont proches des idées qu’il représente afin de servir au mieux son intérêt, mais c’est une chose difficile. Malgré tout, je garde confiance.

Going around the box/ Que fais-tu quand tu réalises que tu ne peux pas aller plus loin dans ton travail, ta vie ou tes projets ? 

Chercher des solutions, mais parfois c’est compliqué. Ces moments ne dépendent pas complètement de toi, et en plus de faire mon travail, je dois parfois aussi faire celui des autres. Cela prend beaucoup de temps et d’énergie. La seule solution, c’est passer plus de temps à travailler et avancer.

Idea box/ Nous avons lu que tu écrivait sur un cahier les inspirations pour tes projets. Quelles sont les pages que tu as déchiré récemment ? 

Bon, ce n’est pas tout à fait cela. Ce que je fais c’est que je pointe mes idées et approches créatives sur un cahier pour être capable de revenir dessus plus tard, sans avoir perdu les approches initiales. Au sujet des nouveautés, je ne peux pas trop en parler, cela va détruire l’effet de surprise et peut être changer quelque chose dans ce processus.

Unbox/ Si tu devais déballer tout ce que tu avais en tête, qu’est ce qu’on verrait?

C’est très dangereux. Si je devais tout mettre sur une table, on verrait la même chose qu’un enfant peut penser. J’essaie toujours de garder cette partie fraîche, l’imagination. Je pense que dans ce travail c’est important de rester abstrait et imaginatif pour pouvoir offrir de nouvelles choses, tout en gardant un équilibre avec les tendances du moment.

Toolbox/ Quelles machines / technologie t’intrigues le plus et pourquoi ?

Ici on peut différencier 2 types d’intrigues, une bonne et une mauvaise. La mauvaise se réfère au vaste sujet des réseaux sociaux, c’est vraiment inquiétant de voir comment les gens changent leur façon d’être en société. Tu peux voir beaucoup de personnes regarder leurs écrans, consommer de l’information sans l’assumer, négligeant le temps, tout cela pour nourrir une satisfaction qui va durer quelques secondes, avec des choses bien souvent fausses.

Le côté positif je choisis la récente découverte de l’origine des rayons cosmiques qui viennent de l’espace, c’est incroyable de voir comment la ténacité de certaines personnes ont conduit à suivre la route inverse de ces particules, qui après tout est quelque chose qui existe dans notre univers. Toutes ces technologies sont vraiment inspirantes pour moi.

Futurebox/ Chronicles of the future: quelle est l’issue de la bataille entre le meta humain psyche VS la machine ?

C’est quelque chose de très vieux, qui continues d’arriver aujourd’hui et qui arrivera toujours. La bataille éternelle dans la pyramide sociale, tout le monde veut une meilleure position, comme tout le monde veut une meilleure vie. A l’intérieur, l’album représente un genre de Prometheus moderne qui se développe et devient conscient de sa position : inévitablement, d’une façon ou d’une autre, le conflit apparaît.

 

Retrouvez également l’interview d’Orlando Voorn pour le festival jack in the box

Interview | Pour Orlando Voorn, Détroit fut la réponse entre le hip-hop et la techno

Orlando Voorn jouera pour la première fois à Marseille un set samedi 28 juillet au Cabaret Aléatoire à l’occasion du Festival jack in the box. Pour sa venue exceptionnelle, nous lui avons posé quelques questions !

Hello Orlando ! On est super ravis de t’accueillir à Marseille pour le Festival Jack in the Box ! Ta carrière est très impressionnante, on ne sait pas par où commencer… peut être par le tout début ?

Child sandbox : Est-ce que tu faisais des free style avec tes copains à l’école ? Quel niveau d’implication tu avais pour le hip-hop étant petit ?

J’étais vraiment très occupé avec le hip-hop étant jeune, comme dj et aussi dans la production. Mon premier disque était un disque hip-hop où je rappais et où j’ai fait de nombreux scratchs et cuts. A l’âge de 14 ans, j’ai gagné un concours de scratching avec des juges professionnels américains en utilisant le disque d’un autre participant ! Par la suite je suis devenu 2 fois champion d’Hollande et j’ai fini 3ème à la toute première compétition mondiale de DMC au UK en 1986.

Boombox : Quels sont les albums / faits qui t’ont convaincu de produire de la techno ? Ceux qui t’ont convaincu d’aller à Detroit ?

J’ai commencé à produire de la techno car je ne voyais aucun avenir avec le rap à cette époque. Cela m’a pris beaucoup de temps, et beaucoup de tiraillements, la clé fut finalement que je voulais commencer quelque chose à moi. Peu de temps après mon premier succès techno j’ai été introduit aux producteurs de Détroit. Cependant j’avais déjà entendu parler de Juan Atkins et ma première maison de disque, celle de Fierce Ruling Diva, nous a connecté en 1992 pour la première collaboration. J’ai déménagé à Détroit autour de 2003, mais j’y suis resté que 2 ans, j’ai quitté la Hollande pour de bon après y avoir vécu un moment et j’habite toujours aux US depuis.

A Détroit, je suis resté avec la team Underground Resistance, j’en ai gardé beaucoup de très bons souvenirs. Michel Banks et Ade Mainor m’ont aussi donné une belle opportunité : diriger le label Ignitor.

Memory box : Quels sont tes principaux souvenirs de ton temps à Détroit ? Tu as commencé avec Juan Atkins, est ce que tu as collaboré avec d’autres mentors ?

J’ai rencontré la plupart d’entre eux en effet ! J’ai produit des disques sur KMS, Metroplex, Fragile (transmat)… j’ai travaillé avec Blake Baxter sur des projets également !

Toolbox : Quelles machines ont fait tes meilleurs disques ? Quel est ton set-up habituel ?

Pour les deux :  Roland W30 et OBERHEIM MATRIX 1000

Strongbox : Si tu devais sauver quelques trucs pour la vie, qu’est ce que ce serait ? Quelles sont les choses les plus importantes que tu souhaiterais toujours avoir avec toi ?

La tranquillité d’esprit, et tout ce qui va avec.

Letterbox : Certaines personnes comparent la techno à un dieu qui guide leurs vies.. A vrai dire, la techno a été crée pour donner un message, quel est le tien? Est ce que tu penses qu’il a perdu en force depuis qu’il a été répandu dans le monde entier ?

La musique est clairement au premier plan dans ma vie, mais pas juste la techno, cela peut être n’importe quoi qui m’inspire ou qui est plaisant à écouter. Je pense que la techno est maintenant une musique majeure, qui ne va pas s’envoler malgré tous les commentaires et les prédictions faites au fil des années. Une chose qu’on peut conclure est que partout il où il y a un aspect commercial qui va avec la musique, la source d’où elle provient, « the underground » est d’un certaine façon éteinte.

Découvrez l’interview de Paul Nazca, producteur français reconnu qui sera également présent à Jack in the Box festival !

Interview de Paul Nazca : « La musique a une trop grande importance pour moi, je ne peux la trahir. C’est une des rares choses dans ma vie qui ne m’a jamais déçu… »

Après Anja Schneider et Charlotte BendiksPaul Nazca a joué le jeu de l’interview pour notre plus grand plaisir. En attendant sa venue au Club Cabaret lors du festival Jack In The Box et afin de vous le faire connaitre plus en détail nous lui avons posé quelques questions. Voilà un article qui saura ravir ceux qui le découvre & les amateurs de musique électronique voir même les professionnels.

Paul, tu as découvert le line-up ? Est-ce que tu seras aussi dans le public pour voir un des artistes programmé ? Et si oui, qui ?

Paul Nazca : Oui bien sûr ! En général je suis curieux de ce qui se passe pendant une soirée. J’aime aussi prendre la température pour voir ce que je vais jouer car je n’ai jamais rien de prévu à l’avance sauf une petite sélection qui peut vite être modifiée suivant mon ressenti avant et pendant la soirée.

Boîte de nuit / Tu as eu la chance de participer aux free des plus connues dans le sud, les Dragons Balls, quelle est la différence pour toi entre mixer en extérieur dans ce cadre et mixer dans un club ?

Il y a eu des DB en intérieur aussi ! L’extérieur est souvent plus intéressant dû a une sensation de liberté, bien plus que dans un club. Mais le fait d’être confiné dans un club peut aussi apporter quelque chose de plus électrique, la sauce peut prendre plus rapidement. Dans le sud, nous avons la chance de pouvoir switcher en club l’hiver et extérieur l’été donc de s’adapter et profiter de ces deux configurations.

Comment expliquerais-tu l’effervescence de la musique électronique dans le sud de la France avant le reste fin 90/2000 ?

Il y a beaucoup de facteurs qui ont fait que cette musique s’est développée dans notre région. Dans les années 90, du a une grosse répression en Angleterre, le mouvement free a débarqué dans le sud. Une multitude de soirées ont vu le jour et un certain public s’est forgé à ce mouvement.
Un autre mouvement plus house techno était également présent mais cette vague a pour moi, contribué à l’expansion et la propagation de multiples soirées.

En France, la répression n’était pas encore là, du coup les soirées en extérieur dans un esprit free étaient programmées chaque weekend dans des lieux magiques. Mais très vite les choses ont changé avec l’arrivée d’interdictions en tout genre. Le mouvement a donc dû petit à petit s’orienter en club et des lieux mythiques ont commencé à voir le jour.

 

J’ai un souvenir avec un live de Virtualian justement qui jouait dans un club vers Vitrolles : vers la fin, son Atari ne suivait plus niveau séquences du coup il l’a carrément dégagé une fois son set fini !!! Un esprit un peu punk je l’avoue, mais qui m’a marqué dans le bon sens.

 

Le côté artistique a également beaucoup joué dans cette évolution, une grande quantité d’artistes était déjà présente. Que ce soit en djs, lives ou producteurs confirmés, un noyau fort contribuait au développement de cette musique. Je pourrais citer Paul, Jack de Marseille, David Carretta, Virtualian, Thrust records, Sound System, les Pinguins, Happy people at work et bien d’autres !

 

Boîte à outils / Tu travailles à 80 % en analogique, on imagine déjà que ton studio est énorme et qu’il est traversé de part en part par des câbles (si on peut abuser et avoir une photo ? ;))
Avec quelles machines travailles-tu le plus régulièrement ?

 

Nazca studio Arles Marseille Club Cabaret
Studio professionel de Paul Nazca

Ahah !!! En effet, depuis 1995 j’entasse de vieux modèles en tout genre. A l’époque, ce n’était vraiment pas évident de comprendre le cheminement d’une production. Il n’y avait pas internet et les gens qui se trouvaient là étaient plutôt fermés. A force de fouiner sur des magazines de sono et entre autres CODA Magazine (bien avant Trax) j’ai pu petit à petit apprendre et comprendre le midi avec l’audio. En effet, il y avait une rubrique « home studio » qui permettait de connaître les configurations de certains artistes déjà bien en place.

Premier EP du Label de Paul Nazca

Grace à ça j’ai pu synchroniser une Tb 303 avec une Tr 909 et contrôler un Juno 106 avec Cubase lite installé sur un Atari mega 1.

Par la suite, en soirée, j’ai rencontré André « Ultracolor » à l’époque qui tournait déjà beaucoup en live et qui m’a repéré à cause de mon intéressement tout particulier au hardware. Plus tard, il me proposa de l’accompagner lors d’une soirée et c’est là que j’ai vraiment compris le pourquoi du comment en étant derrière la scène. Trois ans plus tard notre projet de label « Scandium records » voyait le jour avec mon tout premier EP en 2000.

Depuis, je continue à chercher des synthés, bar, fx, etc… mais à force je risque de ne plus pouvoir rentrer chez moi !
C’est une passion et c’est vrai que j’ai toujours du mal à travailler sur software. Je suis habitué au touché propre à la machine. C’est un instrument à part entière !

 

Une souris et un contrôleur c’est bien, mais ça ne me fera jamais autant vibrer qu’un synthé hyper instable, qui commence à réellement sonner au bout d’une heure de chauffe !

 

Je n’ai pas de préférence car lorsque que je recherche un son je sais à peu près lequel pourra faire son effet, du coup je l’enlève de son stand pour le raccorder au patch de mon studio et enregistrer ce son que je veux. Mais si je dois parler d’une machine… Humm.. Difficile mais je vais remettre le Sh 101 en première place ! Si classique, mais on peut tellement faire de chose avec…

 

Compil House music
Compilation qui a provoqué la révélation à Paul Nazca

Boombox / On lit souvent dans tes interviews que le déclencheur fut une cassette qui s’appelait 100% house, on profite que tu sois chez toi derrière un écran à nous répondre pour te demander si tu l’as encore sous la main tel un trophée ? Tu te souviens des artistes ou des morceaux qu’elle contenait ?

C’est vrai. C’était en 1988. Je l’ai toujours en cassette et vinyle. L’un de mes frères plus âgé la faisait tourner en boucle dans sa voiture. Ma mère avait un tourne disque avec du Stevie Wonder, Mickael Jackson, Gold, Kraftwerk qui passaient. J’avais donc une certaine oreille mais mes connaissances étaient vraiment limitées.

J’ai eu la sensation de découvrir un son, une ambiance sonore que je n’avais jamais eu l’occasion d’entendre auparavant.

Après cet électrochoc, je lui ai donc demandé de m’amener dans des magasins où je pourrais trouver des cassettes de ce genre !
Sur cette fameuse cassette il y avait Flim Flam, S Express, Mr Lee, Amnesia avec le fameux Loco Ibiza. A cette époque je n’avais pas encore conscience de tout ce qui était en train de se passer avec l’arrivée de la house de Chicago, le Garage et quelques temps plus tard la Trance allemande, le Hardcore, la Techno de Détroit..

Trois ans plus tard j’étais noyé sous tout ça, mais ce qui m’a vraiment marqué c’est la trance venant d’Allemagne avec Marc Houle ou Sven Vath. Puis la techno avec Laurent Garnier et le côté Detroit avec Kevin Saunderson. C’est en 1993 que j’ai acheté mes premières Mk2 et que je me suis forgé en mixant tous ces styles.

 

Boite à souvenir / Ta track ultra playlistée c’est « Memory », encore jouée au Sonar cette année par Laurent Garnier… comment Paul Nazca construit un tube ? Pendant que tu le produisais, est ce que tu sentais que cette track allait faire la différence ?

Si je construis des tubes !? pas du tout. La composition, la création d’une musique est pour moi une thérapie. C’est une échappatoire dans la vie de tous les jours.

Je ne suis pas de ceux qui arrivent en studio et ont déjà un schéma tout fait pour créer un tube ou quelque chose qui va plaire à tel public, à tel moment. Comme je dis très souvent, c’est quelque chose qui me traverse. Parfois, quand je réécoute une track je me dis :

« Tiens, mais comment t’as fait ça ou alors : C’est toi qui l’a fait ! » Je ne saurais expliquer ce process… La musique m’aide à sortir des choses en moi que je n’ai pas su extérioriser autrement.

Si je devais faire de la musique pour que ça marche, je m’orienterai sur autre chose. La musique a une trop grande importance pour moi, je ne peux la trahir. C’est une des rares choses dans ma vie qui ne m’a jamais déçu…

Pour anecdote, lorsque j’ai terminé « Memory », je l’ai trouvé bien mais sans plus… Par contre je me suis dit que ça allait sûrement plaire à Laurent Garnier. Du coup je lui ai envoyé. J’ai eu plein d’éloges, ce qui m’a fait plaisir. Quelques mois plus tard, on s’est revu et il me demande si c’était bien sorti depuis. Lorsque je lui ai dit que non, que je n’ai eu que des rebonds de mes précédents envois, sa réaction a été de dire que ce n’était pas possible et qu’on allait vite régler ça… C’est à partir de là que j’ai compris que ce morceau avait un réel potentiel.

J’avais envoyé ma démo chez Cocoon Records car j’ai souvent des retours négatifs de leurs part, (mais ce sont des retours quand même). Ce fut un rejet de plus mais lors de sa sortie on s’est aperçu qu’il le jouait à chaque fin de set et il l’a même compilé fin 2017 sur Cocoon « Sven Vath annual Cocoon Ibiza compilation 2017 ».

C’est là où on voit que les démos passent souvent à la trappe… Mais c’est aussi grâce à cette track que j’ai relancé mon label Scandium avec P4sc4l. Depuis nous enchaînons les sorties vinyles et digitales ce qui n’était pas arrivé depuis 2009 !

Enfermé dans la boîte / On a découvert le projet dans lequel tu évolues : Skyptom collective. Est-ce que tu peux nous en parler ? Comment s’est passé la soirée au Cargo ? On a accueilli Moteka en résidence lorsqu’il préparait son nouveau live en mars, est-ce que tu connais son travail ? Qu’en penses-tu ?

La Skryptom collective était une nouvelle expérience assez unique pour nous tous. Se retrouver à plus de dix artistes, enfermés pendant une semaine, dispatchés dans cinq studios c’est pas souvent que ça arrive ! Je pense que c’est parti d’un délire qu’on se fait depuis quatre ans chez P4sc4l avec Maxime, Nhar et d’autres.

Le concept est de mener quatre, cinq machines et de les brancher en synchro avec tout le reste du groupe. On se fait ça sur deux jours et on enregistre sur l’instant des séquences de plusieurs minutes voire de plusieurs heures.

Maxime avait émis l’idée de louer une villa et de se regrouper tous ensemble pour faire du son, je pense que c’est réellement parti de lorsque Antoine (Electric Rescue) a proposé de faire ça avec la Skryptom team.

En tout cas un grand bravo à Antoine car il fallait le mener jusqu’au bout ce projet… Il nous a tenu au courant de son évolution avec de multiples possibilités de lieu. Le Cargo (Caen) a été le premier lieu pour cette résidence. Un lieu excellent au niveau des conditions de travail, accueil, staff, etc… Nous avons créé des groupes de travail car il fallait un minimum de structuration pour optimiser au maximum notre temps sur place. J’avais le projet de faire un live machine sans ordi avec Scan’x. Nous avons fait une sélection de track ensemble, agencé et répété le live pendant deux jours. Les deux autres jours nous avons fait un trio avec Scan’x donc ainsi que Kmyle.

Trois track sont sortis de cette session, elles devraient se retrouver sur un projet d’Ep ou d’album en rapport avec cette Skryptom collective. A ce niveau là, c’est Antoine qui va décider. Il y avait Pierre (Moteka), oui mais avec d’autres groupes de travail, du coup nous n’avons pu bosser ensemble. Par contre son approche est super intéressante ! Lui aussi est bien mordu de machines et prises live ! Humainement c’est aussi une très bonne personne comme le reste de l’équipe d’ailleurs. Je pense que pour tous cela restera un souvenir et une expérience unique autant dans le partage de la musique mais aussi humainement. Ce projet devrait être reconduit très prochainement, affaire à suivre…

Interview de Charlotte Bendiks : L’Europe ? « Je me suis toujours sentie comme une alien… »

A l’occasion du temps fort du Mucem : L’Europe : Quitte ou double, nous avons donné la parole à Charlotte Bendiks. Vie intime,  parcours, carrière, inspiration musicale… elle a jouée le jeu et même plus en nous livrant même quelques anecdotes assez intéressantes. Vous allez vite comprendre qu’en plus d’être une talentueuse artiste de musique électronique, elle est assez extravagante et on devine un caractère bien trempé !

Salut Charlotte,

Nous sommes vraiment heureux de te rencontrer et d’écouter ton set dans quelques jours ! Nous aimerions en savoir plus sur ton travail et montrer à ton public français à quel point tu semble hyperactive !

Lorsque nous avons lu ta biographie, nous avons pensé :
Cette fille a le sens de l’humour ! Elle aime les chiens, les jacuzzis, faire du vélo, bålkos, å få napp, ses propres océans d’émotions, houmous, Rhabarbersaftschorle, le WiFi gratuit, Mezcal, les jours et nuits sombres, parler vite, danser lentement, le sérieux, dire merde, chanter, se salir, rester à l’écart, se rapprocher, aller fort, être actif, être passif, être ensemble, être là, tout avoir. »

Ce qui nous mène à te demander: qu’est-ce que tu détestes ?

Je ne déteste pas grand-chose, mais je détestais l’hiver à Tennskjær. A l’époque, quand l’alimentation électrique prenait fin, tout le monde devait s’inscrire à une heure de vélo pour garder l’alternateur en marche… C’est aussi la raison pour laquelle je ne vais jamais à des cours de « spinning » dans l’obscurité.

 

2-Tu a commencé à te faire connaitre il y a quelques années et depuis, tu construis une carrière fantastique avec des concerts dans le monde entier. Tu viens d’un village vraiment éloigné et très petit. Quand tu étais enfant, quels étaient tes projets concernant l’avenir ?

A 8 ans, j’ai dit à ma famille que je souhaitais devenir pilote d’hélicoptère …

 

3-Comment as-tu découvert la musique électronique et quand as-tu commencé à jouer ?

Difficile à dire … Je collectionnais la musique sur des formats physiques (CD et Vinyl) et je commençais à les amener dans des petits bars pour les faire écouter. Par effet boule de neige, cela m’a emmené dans le DJing.

 

4- Tu as sorti « Aurora 2 » sur Hivern Discs, comment as tu fais la connexion avec ce label ?

Pour l’anecdote, Aurora 2 est une erreur … C’est juste le nom de fichier que j’ai envoyé à Hivern. Ils ont accidentellement nommé la piste avec le nom du fichier. Aurora a été initialement publié numériquement sur Love OD Communications, Hivern est entré en contact par la suite et voulait d’ailleurs le mettre sur une version vinyle seulement.

 

5-Tu vas jouer dans un musée qui a basé la thématique de cette soirée sur l’Europe.
Qu’est-ce qui représente l’Europe pour toi ? Te sens-tu citoyenne européenne alors que ton pays n’a qu’un accord économique et frontalier ?

Je me suis toujours plus sentie comme un alien…

 

6-Samedi tu joueras à 22h, le soleil sera loin et la lune brillera de mille feux. Sais-tu ce qui pourrait créer une aurore boréale imaginaire pour ton public ? (comme le nom de ton EP « Aurora »)

L’aurore boréale n’a jamais voulu voyager aussi loin au sud. Je l’ai invitée plusieurs fois, mais elle est toujours restée dans le nord, car c’est là qu’elle se sent libre de danser dans le ciel.

 

7- Nous lisons que tu es accro au cinéma, quelles sont tes bandes sonores favorites ?

Je me demande où vous lisez tout ça … Je ne pense jamais à la musique comme « bande sonore de film ». J’ai découvert beaucoup de musiques à travers les films, mais je n’y ai jamais pensé comme bande-son appartenant à un film. Quand je trouve un titre que j’aime, je le considère comme une œuvre d’art à part entière.

 

8- Dernier question qui va nous aider à attendre ta performance sur Marseille :
S’il te plaît peut tu nous donner quelques pistes de ta dernière collecte ?
: D

 

 

Retrouver aussi l’interview de Anja Schneider qui sera présente au Club Cabaret ce vendredi 29 juin pour une soirée bien deep-house.

Interview d’Anja Schneider : Je pense que les artistes « oldschool » sont les vrais ambassadeurs de la musique électronique

Anja Schneider, ambassadrice de la musique électronique allemande nous à accordée un peu de son temps pour une interview exclusive à l’occasion de sa venue au Cabaret Aléatoire le vendredi 29 juin 2018 lors de la soirée « RenDez Vous ». Elle partagera l’affiche avec Kiko et Jack Ollins deux pointures de la musique underground, ce qui promet une soirée exaltante.

 

Affiche officielle RenDez-Vous Marseille Techno 2018 La Friche

Bonjour Anja !

Nous sommes très heureux de vous rencontrer dans quelques jours au Cabaret Aléatoire !
Nous avons quelques questions à vous poser pour faire patienter nos papillons.

Clown Question 

1 / Nous avons donc reçu Lee Van Dowski il y a quelques mois et nous n’avions pas osé lui demander si le « Lee » à la fin de «Mobilee» (ndlr Mobilee est le label que Anja a fondée) est un jeux de mot avec son nom ?

Non ce n’étais pas un jeux de mot. Cela n’a voir avec Lee. Je l’ai nommé ainsi parce que c’est simple à retenir, on voulait l’appeler Mobile Record et sincèrement je trouvait que Mobilee Record sonnait mieux.

 

At the beginning 

2 / En regardant ta discographie, nous avons réalisé que tu produisais principalement tous tes morceaux. As-tu le sentiment que c’était une obligation d’avoir ta marque du début ou c’était une position économique et politique engagée ?

J’ai quitté Mobilee pour une raison certaine, je voulais être vraiment libre avec mon nouveau label So Us Music. Je voulais me concentrer d’avantage sur ma musique et développer ma créativité. Il était nécessaire de produire et sortir mon album sur mon nouveau label.

Geek tricks 

3 / Depuis que tu a commencé as-tu fait évoluer ta manière de procéder pour produire tes tracks (en matière de nouvelles machines ou logiciels) ?

Oui, je fais évoluer ma technique et j’apprends tous les jours. J’ai changé mon matériel et je produis beaucoup plus d’analogiques maintenant dans mon studio, ce qui est très amusant.

Today  

4 / Nous avons reçu Cassy lors de la dernière soirée « RenDez Vous ». Pour nous Cassy et toi êtes les ambassadrices de la musique électronique allemande. Selon toi, qui joue ce rôle aujourd’hui ? Pense-tu qu’un artiste peut changer le jeu ?

Merci pour ce gentil compliment. Je pense que les artistes « oldschool » sont les vrais ambassadeurs de la musique électronique.
On peut prendre pour exemple Octave One , Undergroud Resistance ou Richie Hawtin, j’apprends toujours beaucoup de ces artistes. Tout tourne autour de la musique et ça compte énormément pour moi. C’est pourquoi je suis devenue une DJ, je suis accro à la musique.

5 / Comment imagines-tu l’empreinte de ton nouveau label ?

C’est tout d’abord la réalisation de toutes mes productions, de ma créativité, de la musique que j’aime et joue, qui n’est probablement pas connue, ou que je vais aborder sur un chemin inhabituel.

6 / Nous aimons la ligne de fond de ton label « Un projet créatif où tout est possible et où tout le monde est invité ». Mais comment pourrais-tu faire cela dans la vie réelle ?

Je ne comprends pas totalement cette question mais j’ai le sentiment qu’avec de la musique qui fait danser, la vie pourrait être plus facile. Dès que tu bouge tes hanches, ton sourire vient automatiquement, c’est un bon signal et un gage de respect et d’attention.

Retour vers le futur

7 / Où pourrais-tu être en 2031 ?

J’espère sur le dancefloor…

Retrouvez également l’interview de Lee Van Dowski 

Interview d’Oxia : « Il faut savoir un peu plus que mixer, savoir aussi sentir les gens, l’énergie »

Nous avons interviewé Oxia à l’occasion de sa venue au Cabaret Aléatoire le samedi 3 novembre où il partage le line-up avec Monika Kruse, artiste homologue allemande, puisqu’elle fait figure de pionnière du mouvement électronique outre-rhin.

1/Il y a un an tu ouvrais la saison 3 des Clubs Cabaret sous le signe d’un sold out, que gardes tu comme souvenir de cette soirée et de notre salle ?

Sincèrement je garde un excellent souvenir de cette soirée, je me souviens que la salle s’est remplie très tôt et que les gens étaient supers chauds, donc l’ambiance était terrible, et je me suis vraiment fait plaisir. La salle et la configuration sont vraiment cool. Donc je suis content de revenir cette année.

2/Cette fois tu partages le line-up avec Monika Kruse, vous vous êtes déjà croisés sur des scènes, quel est ton rapport à son travail ?

Oui on se connait depuis très longtemps avec Monika, j’ai signé un EP sur son label Terminal M il y une quinzaine d’années. Et on a joué plusieurs fois ensemble, mais la dernière fois remonte à quelques années, donc ravi de la retrouver. C’est une artiste que j’apprécie vraiment, elle a une très belle énergie.

J’ai toujours la même passion et la même envie qu’au début

3/ Cela fait des années que tu es sur scène comment vis-tu ta position de pionnier ?

Oui cela commence à faire longtemps, et je ne me suis jamais vraiment posé la question de comment je vis ma position de pionnier, peut-être car je n’en ai pas vraiment conscience, et peut-être parce-que j’ai toujours la même passion et la même envie qu’au début du coup je n’ai pas l’impression d’être un pionnier. Les seuls moment où je m’en rend compte, c’est quand les gens qui on une trentaine d’années ou un peu plus me disent « j’écoutais déjà tes sons il y a 15 ans » et certain artistes de la même génération me disent que je les ai pas mal influencé quand ils ont commencés, et ça me fait toujours plaisir d’entendre cela.

Le premier EP d’Oxia avec Kiko « Parametres » sorti sur Ozone Records en 1995 

4/ De ton point de vue, quel a été l’élément déclencheur de l’explosion de la musique électronique ?

Je ne sais pas vraiment si il y a réellement eut un élément déclencheur, je pense que cela s’est fait progressivement. C’est vrai qu’il y a eu les premières soirées début des années 90 avec toutes les interdictions et problèmes, comme tout nouveau courant musical cela faisait un peu peur au gens, mais cela a perduré quand même. Puis au début des années 2000 ou un peu plus tard, beaucoup ont dit que le mouvement s’essoufflait et qu’il n’allait pas durer et peu de temps après cela explosait effectivement encore plus, les nouvelles générations ont suivi et nous sommes toujours là toutes ces années après. Mais je ne sais pas vraiment comment l’expliquer, c’est comme ça.

5/ L’évolution de la scène a été explosive ces dernières années, tant d’apprentis djs tant de nouveaux systèmes qui rendent accessible le mix, comment tu vis cette nouvelle scène ?

C’est vrai que cela s’est de plus en plus démocratisé, et de plus en plus de jeunes se sont mis à mixer, soit pour en faire leur métier, soit juste pour s’amuser chez eux entres potes, c’est devenu un hobby comme n’importe quel autre, et je trouve ça cool.

C’est certain que c’est différent de l’époque ou j’ai commencé, c’est devenu moins compliqué.

C’est vrai qu’il y a certain djs de ma génération qui ont vu ça un peu d’un mauvais œil, mais c’est l’évolution, et c’est ce qui fait peut-être aussi un peu que nous soyons toujours là, car il y a une nouvelle génération qui s’est intéressés à cette musique et à ce qui s’est aussi passé avant

Après c’est vrai qu’il y a parfois certain jeunes qui pensent que parce-qu’ils savent enchaîner deux tracks, ils peuvent devenir dj et tourner partout, mais ce n’est pas aussi simple, car il faut savoir un peu plus que mixer, savoir aussi sentir les gens, l’énergie, avoir de l’originalité et ne pas juste enchaîner des tracks.

6/ Oxia dans 10 ans ca donne quoi ?

C’est une très bonne question, pas mal de grand djs comme Carl Cox, Sven Vath, Laurent Garnier… ont plus de 50 ans, donc j’ai encore un peu de marge 🙂 Mais sincèrement je ne sais pas, tant que j’ai la même passion et et que j’ai la possibilité de tourner, je continuerais. Après c’est clair que je ne vois pas tourner comme je le fait maintenant jusqu’à 65 ans. Mais du coup on verra d’ici là !

Retrouvez également l’interview de Lee Van Dowski lors de son passage au Cabaret Aléatoire

Interview de Ghost of Christmas : « On m’a présenté Martin et ça a collé tout de suite »

 Le duo Ghost of Christmas est composé du chanteur Martin Mey et du chamade beat Gaël Blondeau. Ils se sont lancés en 2015 avec un premier EP remarqué sur le label de Laurent Garnier Sounds like Yeah! Ils enchaînent de très belles dates en 2016 notamment aux Nuits sonores et Marsatac puis enregistrent un nouvel EP « Connect the Dots » en 2017. Leur vibe electronica prend une nouvelle forme sur cette production, avec des sonorités UK Bass et dubstep mêlées à la voix soul de Martin Mey. Ils joueront leur live en première partie de Rone le samedi 10 mars au Cabaret Aléatoire.

1 / Vous avez fait une date à Besançon en novembre avec Rone, vos univers sont plutôt similaires, comment s’est passée cette première rencontre et était-ce vraiment la première ?


Gaël : On avait joué aussi avec lui à Grenoble, deux jours avant… La rencontre s’est très bien passée, c’est quelqu’un de très humble et accessible.

2/ Passons aux fondamentaux : 
Vous avez tous les deux des carrières solo, qu’est-ce qui vous a décidé à faire de la musique ensemble ? 


Gaël : J’avais ce projet solo dans les tuyaux depuis un moment, sans forcément penser à y poser de la voix… et comme je suis pointilleux sur la diction anglaise, je n’avais jamais bossé qu’avec des anglais (Steve Spacek, Mpho Skeef, Kissey Asplund)… Mais un pote m’a présenté Martin et ça a collé tout de suite.


Martin : De mon côté j’ai toujours aimé l’électro et eu envie d’en faire, mais sans savoir le faire… Quand j’ai entendu les prods de Gaël je me suis dit qu’on pourrait être très complémentaires, et c’est le cas. 

Quelle est l’histoire (on est certaines qu’il y’en a une) du nom du groupe ?


Gaël : C’est tout simplement un clin d’œil à Dickens et son conte de Noël… 
 
3/ Ce qui m’amène tout naturellement à vous interroger sur votre processus de composition : Qui donne le top ? Est-ce que vous bossez exclusivement en studio ? A quel moment mettez-vous en commun votre travail ?


Gaël : Généralement le top vient de chez moi, de mon studio. Au départ, Martin posait juste la voix, maintenant on se connaît mieux et je lui laisse plus de liberté (ahahaha).


Martin : Oui, et je corrige au passage tous les accords litigieux (huuuhuhu)… Effectivement, Gaël m’envoie souvent des instrus, mais je peux aussi lui passer une boucle, une progression d’accords et un gimmick et il s’attaque à la prod… On commence souvent à distance, parce qu’on n’habite pas à côté, puis on finit ensemble dans son studio pour peaufiner, et on s’amuse à deux.
 
4/ Dans votre actu, on note la sortie d’un Ep des remix issus de Connect the Dots, pouvez-vous nous parler des artistes qui sont présents dessus ?


Gaël : Je suis très fan de musique électronique anglaise, j’ai un background drum & bass, broken beat avec Chamade Beat ;  alors quand on a rencontré Jay Robinson aux Nuits Sonores, grâce à Laurent Garnier, ça a collé immédiatement, je suis super fan de son gros son UK Bass / Garage.
Nikitch, c’est un peu par hasard, il a aimé un remix que j’avais fait pour Grems et à partir de là on s’est mis à discuter sur Facebook ; Nico fait vraiment des prods de dingue.


Martin : … Et il nous a vraiment retourné le morceau, Disaster, avec lequel on était pourtant déjà allés assez loin… On adore !


Gaël : Hugo LX, c’est par le biais de Pablo Valentino que je connais depuis un moment maintenant. J’adore le style de son qu’il produit, en un mot : Deep. Meteor, je les ai connus en mixant un morceau à eux, et ensuite j’ai mixé leur dernier EP. Ils sont super gentils tous les deux et ont un style de musique inimitable.
 
5/La suite ?


Martin :  On continue la tournée, avec la jolie scénographie qui nous accompagne et qu’on emmène un peu partout en France… et bientôt à l’étranger si tout va bien ! Et en même temps on est en plein enregistrement et production de nouveaux morceaux ; ça avance bien, ça arrive bientôt 😉

💟 Retrouvez Ghost of Christmas samedi 10 mars en première partie du concert de Rone