[ITW] Carnet de Bord de Résidence – Siska

Siska

Vous nous avez déjà sans doute entendu chanter les louanges de la voix de Siska. Précédemment connue sous le nom de Sista K avec son groupe Watcha Clan, la marseillaise avance désormais toute seule. Son projet solo nous a complètement séduit et nous l’avons choisie pour faire la première partie du concert d’Hindi Zahra ce dimanche dans le cadre de Jazz sur la Ville. Une date qu’elle préparait en début de semaine au travers d’une résidence au Cabaret, on est allés enquêter …

C’est quoi l’idée derrière Siska ?

C’est un projet solo qui me permet d’être en phase avec ce que je veux faire musicalement. Après avoir eu une grosse expérience de groupe, ça me permet d’être face à moi-même et de voir ce que je suis capable de faire aujourd’hui.

Tu t’es faite connaître du grand public avec ton groupe Watcha Clan, avec lequel tu avais l’habitude de mélanger – sur fonds d’électronique – plusieurs musiques traditionnelles de la région méditerranéenne, de la musique populaire arabe à celle des balkans. Ton album solo sorti cette année penche plus vers la nu-soul, le trip-hop et parfois même le hip-hop. Comment as-tu découvert ces univers ?

J’ai toujours écouté du hip-hop et de la soul. Je viens des quartiers nord, ce sont des musiques qui m’ont bercée pendant toute mon adolescence et qui m’ont beaucoup touchée. Watcha Clan c’était vraiment un engagement politique où je mélangeais toutes mes origines pour montrer la richesse de la diversité culturelle, c’était plus que de la musique en fait. Pour moi c’était aussi un moyen de reconnecter avec mes origines, savoir d’où je venais pour avancer.

Aujourd’hui je fais la musique que j’ai toujours eu envie de faire et que je n’ai jamais osé faire. J’ai tellement de références en soul que j’ai mis du temps avant de me sentir prête à le faire. Maintenant j’ai compris que je pouvais le faire mais à ma manière. Ce n’est pas de la soul traditionnelle parce que derrière il y a quand même de l’électro, on entend des influences reggae, folk … J’ai essayé de faire mon truc à moi, ma soul à moi, avec des sons d’aujourd’hui.

Tu es chanteuse, et dans ton album il y a aussi des productions très riches dont certaines rappellent parfois le bristol des 90’s comme tu as l’habitude de le dire, je pense à des groupes comme Portishead, Massive Attack ou encore Smith & Mighty. Comment est-ce que tu choisis les personnes avec lesquelles tu t’entoures pour les productions, et comment ça se passe pour la composition ?

C’est moi qui fait les compos, et pour ça, j’ai dû me mettre à la guitare pour pouvoir trouver les accords qui accompagnent la mélodie de ma voix. J’arrive avec des compos faites – une voix, des accords, une pulse dans la tête – et je vais voir Clem, qui était déjà le producteur de Watcha Clan, et lui il commence à faire des productions autour de ça. Après il y a un aller-retour entre lui et moi qui peut durer très longtemps.

J’ai essayé de travailler avec d’autres personnes, j’aurai préféré me détacher complètement de Watcha Clan, mais je suis revenu à Clem parce que musicalement on est super proches. On se comprend bien et il me permet de « mettre mon nez » dans la prod, de ne pas lâcher complétement le bébé. Et pour moi c’est important.

Vous avez un studio sur Marseille ?

Oui vers la Belle de Mai. On enregistre les albums avec très peu de matériel en fait, on utilise beaucoup l’ordinateur. On n’attend pas d’avoir les moyens pour faire de supers enregistrements analogiques, on enregistre juste, et ça fonctionne aussi.

Siska

Tu tournes depuis quelques mois déjà et tu es en ce moment en résidence au Cabaret, qu’est-ce que tu prépares ?

On avait envie de créer un son plus acoustique pour injecter de la dynamique dans notre set, et c’était une bonne occasion de travailler ça pour la première partie d’Hindi Zahra, qui a justement un son très acoustique par rapport à Siska. J’avais envie d’essayer d’autres formules, ça fait évoluer de changer, c’est un exercice stylistique.

On travaille donc avec des amplis, alors que d’habitude on branche seulement la guitare sur une DI. Pareil pour le clavier on n’a pas d’ampli d’habitude. On a aussi beaucoup travaillé sur les basses, parce tout sort des claviers ; on a pas de bassiste mais un machiniste, Clem justement.

Hindi Zahra c’est une artiste qui représente quoi pour toi ?

Même si c’est un univers qui est beaucoup plus acoustique que le mien, je la sens assez proche de moi parce qu’elle fait de la soul et en même temps tu sens vraiment ses influences de l’Afrique du Nord. Il y a un mélange avec la folk aussi, et on sent qu’elle touche un peu au reggae. Elle a aussi fait des side-projects avec des producteurs qui font des choses un peu plus électro.

Je me sens assez proche de ses influences musicales et de ses origines en fait. Je suis d’origine algérienne et elle marocaine, c’est un peu pareil, les pays c’est juste une question de frontières.


Hindi Zahra et Siska en concert au Cabaret Aléatoire dans le cadre de Jazz sur la Ville ce dimanche 27 novembre.

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