[ITW] Carnet de Bord de Résidence : Pyrit

Pyrit

L’artiste suisse Pyrit était en résidence chez nous le mois dernier pour préparer sa performance des Trans Musicales de Rennes, qui ont lieu cette semaine. Petite entrevue.

Est-ce que tu pourrais présenter Pyrit en quelques mots pour celles et ceux qui ne connaissent pas?

Pyrit est mon nouveau projet solo que j’ai débuté il y a à peu près trois ans et dont le premier album Ufo est sorti l’année dernière. Il raconte l’histoire d’un être humain qui se transforme petit à petit en grande machine extraterrestre, qui décollera et disparaîtra dans l’univers.
Je crée des chansons et des paysages sonores, à la fois avec des instruments électroniques mais aussi à l’aide des synthés analogiques, de la guitare et du chant.

Si on devait mettre des mots dessus, on pourrait peut être le définir comme un mix entre psyché électronique, kraut et blues décharné. L’ensemble est cinématographique, sphérique, mélancolique, doux, sombre et violent à la fois. C’est un peu difficile pour moi d’expliquer le projet avec des mots en fait. Il vaut mieux juste écouter mon album pour que chacun puisse se faire sa propre image.

Est-ce que le nom Pyrit est une référence de geek au projet Open Source de décryptage ?

Pas vraiment, mais je sais que ça existe. A la base c’était vraiment en référence à la pierre Pyrite que je collectionnais quand j’étais enfant et qui pourrait venir d’un autre monde avec sa structure géométrique et sa texture métallique (on trouve d’ailleurs également de la Pyrite dans certaines météorites). D’un côté ça marche aussi avec ce «research project» Open Source, mais ça ne vient pas directement de ça.

Qu’est-ce que tu préparais pendant ta résidence ici?

On préparait mon concert pour les Trans Musicales de Rennes. On travaillait sur la performance, la gestion de l’espace, le set-up, la set-list, le son et la lumière.

Pourquoi venir jusqu’à Marseille pour faire ça ?

A la base je viens de Suisse mais j’habite actuellement à Paris. Mon ingé son habite toujours en Suisse, et pour lui ça ne change rien de venir à Paris ou à Marseille pour qu’on travaille ensemble. Bi-Pôle, l’agence qui gère mon booking (dont les locaux sont situés à la Friche la Belle de Mai) m’a proposé de venir ici. Moi ça ne me dérange pas, au contraire, je voyage un peu et il fait plus beau ici qu’à Paris ou en Suisse.

 

 

C’est marrant parce que tu as fait un filage deux jours avant la fin de la résidence, alors que cela se fait d’habitude à la fin. Pourquoi ça ?

Les trois premiers jours nous avons travaillé d’une façon intense sur le show et nous avons décidé pas mal de chose. Ensuite nous avons fait une répétition devant des gens pour « tester » ce qu’on avait élaboré jusque là. Nous avons ainsi eu la chance de recevoir des inputs et des retours de l’extérieur, suite auxquelles nous avons « cassé » la set-list. Ça donne vraiment autre chose et je suis super content du résultat ! On n’a pas eu le temps de faire un vrai filage à la fin de la résidence, mais du coup la grande première sera à Rennes. Tant mieux, il reste alors une petite surprise !

Tu peux nous expliquer comment tu as réparti ton temps durant la résidence – à quoi ressemblait ton agenda?

Je suis pas très « planning », quand j’en fais ça ne marche jamais. Du coup on a juste commencé à jouer et à travailler sur ce qui n’était pas encore clair pour nous trois – Michael l’ingé son, Vince l’ingé lumière, et moi-même.
Au début on a joué le set en entier pour checker où il y avait encore des trous. On a ensuite bossé sur chaque morceau pour voir ce qu’on pouvait réarranger au niveau du son et de la lumière … On a rejoué le concert en entier trois/quatre fois avant de le présenter devant des gens mercredi. Et puis on a fait nos changements et joué le show plusieurs fois. Tout ça s’est développé assez naturellement.

Quel rôle jouent les machines électroniques dans ton processus créatif ?

Quand on joue tout seul avec des machines il faut beaucoup de patience et de temps pour tout bien programmer. C’est comme travailler sur l’arrangement quand on joue avec cinq musiciens; il faut que les cinq se coordonnent. Dans mon cas je dois régler ce que doit faire chaque machine, c’est plus compliqué je trouve, mais c’est un processus que j’adore. C’est aussi grâce à ça que j’ai abordé d’une manière plus profonde des questions comme « qu’est-ce que faire de la musique? » ou « qu’est-ce que je veux faire et ne pas faire? ».  Je suis donc poussé à être plus perfectionniste et j’en suis content, j’ai l’impression que je m’approche plus de ce que j’ai vraiment envie de transmettre avec ma musique, et c’est ce qui est le plus important.

Tu peux nous parler de la scène Suisse ? Est-ce qu’elle a influencé ta vision de la musique et ta musique en elle-même?

La scène musicale en Suisse est un peu complexe. Elle est divisée en deux grande parties : celle de la Suisse alémanique et celle de la Suisse romande. Je trouve ça un peu dommage, même si ces scènes commencent à se mélanger un peu plus. Moi j’ai grandi à Saint-Gall et j’ai habité à Zurich pendant mes études. Là-bas il y a énormément de beaux projets qui se réalisent, plein de groupes incroyables qui sont très ambitieux. Ça m’a influencé c’est sûr, mais peut être plus les gens que la musique en elle-même. On m’a beaucoup aidé à enregistrer mes chansons et à prendre la décision de me concentrer vraiment sur la musique, à y croire.

Après c’est à Paris que j’ai commencé le projet Pyrit. Ce changement d’environnement, les sons nouveaux du trafic, des machines, des chantiers et du métro m’ont beaucoup influencé et c’est en étant seul dans cette ville, qui était pour moi toute inconnue, que le projet Pyrit est né. C’est là que j’ai enregistré mon premier album.

Quelle est la suite pour Pyrit?

Les Trans Musicales donc, et sinon je joue pas mal en Suisse en ce moment. Je travaille aussi sur la B.O. d’un long métrage suisse et sur mon nouvel album qui va me prendre pas mal de temps ces prochains mois.

Propos recueillis par Paul Herincx

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