Podcast : Les musiques électroniques à la redécouverte de la ville

Il y a 2 ans, notre directeur Aurélien Deloup et notre artiste associé Jack de Marseille ont été invités à réagir à une conférence à Sciences Po Lyon organisé par Output sur « les musiques électroniques à la redécouverte de la ville ». La thématique s’est d’abord interrogée sur le sort des friches industrielles, des espaces urbains inhabités ou laissés à l’abandon, que les collectifs de musique électroniques ne manquent pas d’investir. L’émergence de nouveaux lieux de fêtes est-il adapté à l’environnement urbain ?

Le médiateur introduit la conférence par une volonté de s’interroger sur l’espace, le temps et la politique, trois vecteurs qui entourent la création d’événements dans des friches. Il nous invite à réenchanter les espaces urbains dans leur mélange culturel, notamment avec les phénomènes de migration, penser la ville comme un habité commun.

Jack de Marseille y parle de son témoignage des raves party qu’il organisait à la Friche Belle de Mai dès 1992. Témoignage du vent de liberté, inspiré du mouvement qui vient d’Angleterre, qui est venu secouer les lieux hors champ de la fête. La warehouse est vite devenue le squat d’Euphoria et de Spiral Tribe, les Raves sont devenus des free party et se sont déplacée, dans des lieux éphémères toujours différents. La Friche Belle de Mai était un lieu avant tout pour les artistes, pour créer et non pas pour attirer des personnes à danser. Ce lieu non institutionnel attire toutes classes sociales mélangées.

friche belle de mai

Le directeur adjoint Aurélien retrace l’histoire du Cabaret Aléatoire et du projet artistique qu’il y a derrière. C’est avant tout un lieu de fabrique, de création, souple, ouvert, libre, où l’espace, cet immense hangar, doit être réapproprié pour les artistes. Il évoque la volonté de replacer les artistes au cœur d’une ville, d’un site industriel chargé d’histoire.

On retrouve également le témoignage de Simon Chambon, fondateur de CLFT Milita, un collectif lyonnais pionniers dans cette démarche, aujourd’hui déchu, mais a participé à l’essor du mouvement dans la ville, et Mélissa Mercader , responsable communication du collectif OFF qui organise une fois par mois des soirées en warehouse en dehors de Paris.

Le retour à des fêtes plus authentiques passant par l’exploitation de lieux désaffectés comme les entrepôts, les bunkers ou encore les toits sonne comme un revival des années 90 et des premières soirées techno. Aujourd’hui concentrée dans les villes, cette musique semble vivre un âge d’or, initié par les générations post-rave. On voit bien que ces mutations apportent une nouvelle expérience pour le public qui s’aventure hors des centre-villes, comme pour la Friche Belle de Mai à Marseille, au 6B ou à la Station gare de mines à Paris… il se réapproprie ainsi le territoire de la ville.

Plus de 20 ans après les fameuses « rave party » de l’hexagone, les organisateurs d’événements électroniques appréhendent les espaces dans lesquels ils évoluent, de nouveaux rapports entre les fêtards et les lieux dans lesquels ils se réunissent se créent pour partager leur passion de la musique électronique.

 Retrouvez également l’histoire de l’Acid techno par Jack de Marseille