Playlist Chauffe #17 : Verset Zéro + Shlagga & Israfil

Le Metaphore collectif reprend du service au club Cabaret avec leur soirée Baston, qui privilégie le format live. Les deux artistes choisis cette fois sont Container et Verset Zéro. Ce dernier nous livre une playlist à son image, au tempo dark metal avec des explosions de beats ou de lignes de basses agitées. Membre de la famille Tripalium, il défend une musique industrielle et sombre, et prend comme première inspiration Marilyn Manson. La playlist Chauffe #17 comprend donc quelques productions personnelles du line-up, mais aussi des artistes associés au Metaphore Collectif, on pense à Cardinal and Nun et Empire State. Une belle envolée cathartique pour s’ambiancer avant ce club sombre.

Report : La nuit éprouvée : Antoine d’Agata (White Noise) / mic&rob + Shlagga & Israfil

Dans le cadre de la Nuit épuisée se tenait samedi soir une expérience unique. Antoine d’Agata avait installé 18 écrans dans une configuration unique en rond suspendu au dessus de nos têtes, élaborée in situ pour l’événement uniquement. Sur ces écrans étaient projeté White Noise, une filmographie en 10 séquences, filmée sur 10 ans, montrant le désespoir, le milieu de la prostitution aux quatre coins du monde, entre confession sur une table de chevet et scène de sexe. Les témoignages des prostituées sont poignants, on découvre la réalité cruelle de leur quotidien insalubre dans ces impasses auxquelles elles sont confrontées. A cela s’ajoute des écrans plus graphiques où seuls les paroles cinglantes se lisent sur fond de ruches surexcitées ou décor de banlieues.

Confronter cette fenêtre avec la fête, la danse effrénée des raveurs éveillés, tout est l’intérêt de cette nuit éprouvée. La création sonore est léguée à deux collectifs, La bande Adhésive de Strasbourg et Metaphore Collectif, les héros locaux de la scène underground. Toutes les heures ils se succèdent, avec un temps d’interruption de la musique pour laisser parler les prostituées. Un réel enjeu, le ton est donné dès le début, c’est cru et brut, en échos à White Noise. Les premières personnes du public jouent le jeu, et l’on voit aisément les têtes se lever vers les écrans, un groupuscule rester ébahi, d’autres tourner leur regard vers la scène, fuyant l’écran vers la danse. La mixture se fond, pour doucement s’étirer vers le bout de la nuit et la sélection pointue et expérimentale de mic&rob, Shlagga et Israfil.

Interview d’Antoine D’Agata au sujet de White Noise :