Interview | Pour Orlando Voorn, Détroit fut la réponse entre le hip-hop et la techno

Orlando Voorn jouera pour la première fois à Marseille un set samedi 28 juillet au Cabaret Aléatoire à l’occasion du Festival jack in the box. Pour sa venue exceptionnelle, nous lui avons posé quelques questions !

Hello Orlando ! On est super ravis de t’accueillir à Marseille pour le Festival Jack in the Box ! Ta carrière est très impressionnante, on ne sait pas par où commencer… peut être par le tout début ?

Child sandbox : Est-ce que tu faisais des free style avec tes copains à l’école ? Quel niveau d’implication tu avais pour le hip-hop étant petit ?

J’étais vraiment très occupé avec le hip-hop étant jeune, comme dj et aussi dans la production. Mon premier disque était un disque hip-hop où je rappais et où j’ai fait de nombreux scratchs et cuts. A l’âge de 14 ans, j’ai gagné un concours de scratching avec des juges professionnels américains en utilisant le disque d’un autre participant ! Par la suite je suis devenu 2 fois champion d’Hollande et j’ai fini 3ème à la toute première compétition mondiale de DMC au UK en 1986.

Boombox : Quels sont les albums / faits qui t’ont convaincu de produire de la techno ? Ceux qui t’ont convaincu d’aller à Detroit ?

J’ai commencé à produire de la techno car je ne voyais aucun avenir avec le rap à cette époque. Cela m’a pris beaucoup de temps, et beaucoup de tiraillements, la clé fut finalement que je voulais commencer quelque chose à moi. Peu de temps après mon premier succès techno j’ai été introduit aux producteurs de Détroit. Cependant j’avais déjà entendu parler de Juan Atkins et ma première maison de disque, celle de Fierce Ruling Diva, nous a connecté en 1992 pour la première collaboration. J’ai déménagé à Détroit autour de 2003, mais j’y suis resté que 2 ans, j’ai quitté la Hollande pour de bon après y avoir vécu un moment et j’habite toujours aux US depuis.

A Détroit, je suis resté avec la team Underground Resistance, j’en ai gardé beaucoup de très bons souvenirs. Michel Banks et Ade Mainor m’ont aussi donné une belle opportunité : diriger le label Ignitor.

Memory box : Quels sont tes principaux souvenirs de ton temps à Détroit ? Tu as commencé avec Juan Atkins, est ce que tu as collaboré avec d’autres mentors ?

J’ai rencontré la plupart d’entre eux en effet ! J’ai produit des disques sur KMS, Metroplex, Fragile (transmat)… j’ai travaillé avec Blake Baxter sur des projets également !

Toolbox : Quelles machines ont fait tes meilleurs disques ? Quel est ton set-up habituel ?

Pour les deux :  Roland W30 et OBERHEIM MATRIX 1000

Strongbox : Si tu devais sauver quelques trucs pour la vie, qu’est ce que ce serait ? Quelles sont les choses les plus importantes que tu souhaiterais toujours avoir avec toi ?

La tranquillité d’esprit, et tout ce qui va avec.

Letterbox : Certaines personnes comparent la techno à un dieu qui guide leurs vies.. A vrai dire, la techno a été crée pour donner un message, quel est le tien? Est ce que tu penses qu’il a perdu en force depuis qu’il a été répandu dans le monde entier ?

La musique est clairement au premier plan dans ma vie, mais pas juste la techno, cela peut être n’importe quoi qui m’inspire ou qui est plaisant à écouter. Je pense que la techno est maintenant une musique majeure, qui ne va pas s’envoler malgré tous les commentaires et les prédictions faites au fil des années. Une chose qu’on peut conclure est que partout il où il y a un aspect commercial qui va avec la musique, la source d’où elle provient, « the underground » est d’un certaine façon éteinte.

Découvrez l’interview de Paul Nazca, producteur français reconnu qui sera également présent à Jack in the Box festival !